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Michel-Ange, étude pour la crucifixion d'Haman

Tuesday, May 3, 2016

J'ai entrepris un travail de reconstitution de l'étude de Michel-Ange pour la crucifixion d'Haman en partant :
  • des différentes études réalisées par Michel-Ange et qui ont été conservées,
  • de la fresque finale visible à la chapelle Sixtine.





J'ai littéralement "remembré" le buste avec les deux études de bras, et ai rattaché dans mon dessin l'étude du buste à celle du buste, du ventre et des jambes.

J'ai travaillé sur un papier teinté avec un crayon sépia.

J'ai fait des progrès dans l'imitation du style du maître :

  • les zones claires ne sont pas obtenues en gommant le papier pour le blanchir ou en utilisant le crayon blanc. Les zones claires sont obtenues par réserve en jouant sur le contraste avec les zones sombres. Michel-Ange n'utilise le crayon que pour les zones sombres.

  • Il y a chez Michel-Ange quelques rehauts au crayon blanc, mais ce sont des points ou de petites zones. J'en ai fait quelques unes. En haut et en bas du bras droit, en haut de l'épaule droite, sous l'aisselle gauche.

  • Il faut travailler avec un crayon très pointu, très bien taillé. Le style Michel-Ange des années 1510, c'est à dire des études pour les personnages de la chapelle Sixtine, c'est travailler avec les craies (sanguines, sépia) comme s'il s'agissait de crayons de couleurs ! Oui, je sais, c'est épuisant de limer sa craie toutes les 5 minutes sur le papier de verre.

  • Il faut travailler très en douceur en utilisant des lignes diagonales parallèles. Toutes les diagonales du dessins doivent être autant que possible parallèles, exception faite de quelques lignes courbes pour suggérer un volume (rotondité du bras, de l'épaule, du fessier, du sein chez le personnage féminin, muscle saillant comme le grand rond, etc.) Il faut éviter d'estomper. Certaines hachures finissent par disparaître sur les zones très sombres quand il y a beaucoup de craie sans qu'il soit nécessaire d'estomper.

  • Il faut faire une esquisse sommaire pour bien placer le personnage et les différents éléments, puis ensuite, préciser le dessin parties par parties. Si vous êtes droitier, il faut commencer à préciser le dessin en haut à gauche puis descendre progressivement pour que la main qui tient le crayon n'estompe pas le travail déjà finalisé.

  • Bien faire ressortir les lignes de contour du personnage en mettant des accents : en général une portion de ligne plus épaisse et plus sombre sur les parties du contours correspondant aux parties du corps dans l'ombre (sous les bras, partie basse du torse,etc.)

  • Quand on se trompe sur un trait, ne pas gommer. Refaire un autre trait. Cette technique est appelée "le repentir" par les historiens de l'art. Cela donne un cachet ancien au dessin, le rend plus riche. Parois les deux traits ont chacun leur charme propre donnant au spectateur de l'oeuvre le choix de se focaliser sur la forme qui lui plaît le plus.
    Le repentir peut aussi suggérer le liserai de lumière qu'on aperçoit parfois sur le contour d'un corps nu quand la source de lumière est placée derrière le corps.
    J'ai gardé le repentir d'une des études sur le bras gauche. J'ai plusieurs repentirs sur le bord externe de la cuisse droite du personnage.