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Paris, la balade des cafés calmes

Monday, April 27, 2026

Que c'est agréable Paris, quand s'en viennent les beaux jours et qu'on a le loisir de se promener. Dès février, le printemps commence déjà, timidement, à montrer le bout de son nez, et mars, comme cette année 2026, nous offre parfois des séries de belles grandes journées ensoleillées. Les balades dans Paris et alentours, à pied, sont une tradition française immortalisée par Louis-Sébastien Mercier, Rétif de la Bretonne, Guy de Maupassant. Dans Paris, on marche, il faut marcher.

J'arpente les rues de la capitale depuis des années, et je vois la ville changer, s'embellir, se faire propre, blanche. Je me faufile dans le ruelles désertes, m'arrête sur les places calmes, m'assied aux terrasses de cafés tranquilles. C'est un jeu de piste amusant que de marcher des heures dans la capitale en traversant les endroits qui font la splendeur des lieux tout en évitant la circulation et les rues bondées. Au fil de mes déambulations, des trajets se sont faits jour, qui donnent, de la grande ville une image de la France des provinces, presque bucolique. Paris n'est jamais plus belle que quand elle ressemble à un village.

Rue Daguerre


Longtemps, ces balades ont commencé par la rue Daguerre puisque j'habitais dans le premier tronçon, entièrement piéton. La rue Daguerre est une des plus belles rues de Paris, et une des plus calmes. Seul le premier tronçon est entièrement piéton, mais, dans les faits, cette rue est désertée par les véhicules sur toutes sa longueur. Les automobilistes ont compris qu'elle était le royaume des piétons et l'évitent consciencieusement. C'est donc très agréable de commencer une grande balade dans Paris en remontant la rue.

Au début de la rue, c'est un marché permanent, fruits et légumes, boucheries, poissons et fromages. Le premier café, le Daguerre, fut un de mes repères pendant longtemps. On y a une vue dégagée jusqu'aux grands platanes de l'avenue du Maine qui cachent presque les immeubles modernes et bleutés qui ferment l'horizon.
Ce jour là, un couple de vieux italiens à la table d'en face, la dame porte un joli manteau d'un tissu marron imitant l'astrakan sur lequel tombe une souple chevelure châtain. A droite une famille française. La jeune fille qui semble être à l'honneur, parle beaucoup, et porte un polo à manche longue avec de jolies couleurs. Bleu outremer et vert acide, délavé. Un peu plus loin, une mère et sa fille en grande discussion, et, tout au fond, seule, une belle et mystérieuse jeune femme brune, chevelure sombre et dense, visage à moitié caché par de larges lunettes noires. Les plis de son large blouson de sky brillent sous le soleil matinal.
Les chaises cannelées égaient davantage, encore, cette terrasse. Dossiers oblongues au formes rondes, jaunes luisants et marrons tirant sur l'orange.

Quand on remonte la rue Daguerre et qu'on approche de la rue Gassendi, Il y a de curieuses petites bicoques de bois sur la droite, et à gauche, une boutique de vêtements au toit de zinc biscornu. C'est ce qui fait le charme du quatorzième arrondissement. Ce mélange de maisons d'époques différentes. Certaines, très bourgeoises, très parisiennes, et d'autres, qui devaient être des fabriques. Tout cela s'est consolidé dans une anarchie joyeuse, laissant de grands pans de murs exposer le relief irrégulier de leurs pierres, ou les chaudes couleurs des briques. C'est un des charmes de la rue Daguerre, cette architecture constamment décalée.
Le matin, quand il fait beau, La rue Daguerre est face au soleil levant. Aussi, toutes les terrasses des cafés prennent la lumière. Cela permet de prendre le petit déjeuner en extérieur, vêtu d'un simple t-shirt, dès les premiers beaux jours de février. La rue est calme, on peut, entre deux gorgées de café, savourer le goût du croissant en se perdant dans les dessins géométriques des ombres sur les aplats des murs sans fenêtres.

Avenue du Maine


Au bout de la rue Daguerre, on tombe sur une des artères du 14ème arrondissement, l'avenue du Maine. Ah, là, on sait qu'on est à Paris. On ne peut pas se tromper avec la gare Montparnasse et la tour imposante du même nom. C'est large, c'est passant, les immeuble y sont imposants, les trottoirs, larges. Pour rejoindre la rue de la Gaieté, il faut prendre à droite. On traversera la rue Froidevaux et on notera une des entrées discrète sur le cimetière de Montparnasse où reposent bon nombre de français célèbres. Puis, après la rue Froidevaux, on prend à droite et c'est la Gaîté !

Rue de la Gaîté



La rue de la Gaîté sent encore le 19ème siècle avec ses théâtres aux tentures bariolées ou aux devantures de bois peints. On a peu de peine à imaginer les fracs sombres, les chapeaux claques et les robes longues animant la rue le soir tombant pour chercher, rire, distraction ou réflexion. Restaurants succèdent aux théâtres et théâtres aux restaurants, pour, vers Edgar Quinet, se transformer en une enfilade de terrasses animées dès 18 heures, et où l'on boit l'apéritif puis l'on dine. Tous les soirs, dans ce coin là, c'est la fête, toute génération confondue. 
Pourtant, en journée, c'est calme, et l'on peut profiter des terrasses désertées pour faire une pause. Cette rue, comme la rue Daguerre, est généralement délaissée par la circulation. L'usage parisien la rend de facto "semi piétonne", ce qui explique que ce soit une rue calme en journée. 
Comme la rue est presque orienté nord sud, on a, l'après midi et par beau temps, comme sur le dessin, de beaux effets de lumières pénétrant par les rues perpendiculaires et trouant l'ombre de la rue de couloirs lumineux. Toujours ce découpage surprenant des maisons, laissant apparaitre les vielles pierres calcaires d'immenses pans de mur où se dessine parfois encore les couloirs de cheminées. 

Au bout de la rue de la Gaîté, les café-restaurants sont très colorés. Ils se sont mis aux couleurs des devantures des théâtres.
J'aime bien le tournesol qui donne à la fois sur la rue de la Gaîté et l'impasse de la Gaîté avec ses longues rangées de tables dans l'impasse, à l'écart de la rue.

Et toujours, ces architectures de guingois, ces bâtiments hétéroclites, bizarrement accolés, et toujours, les grands pans de murs aux pierres grèges, irrégulières. 
Là, quand ce n'est pas le soir, la fête, ça sent encore la province, la campagne. 
Et de fait ! Avant la révolution, la rue de la Gaîté était juste aux portes de Paris. Une rue d'un des nombreux villages qui allaient former le 14ème arrondissement et la commune de Montrouge.
Pour faire passer des marchandises à Paris, à cette époque, il fallait payer l'impôt. Alors les cafés, les restaurants, s'étaient installés juste avant ces maudites portes. Les parisiens faisaient le déplacement, se mêlaient aux villageois pour des soirées et des nuits festives. La rue de la Gaîté était née. Et puis, des siècles plus tard, le soir, c'est toujours la fête. Il y a beaucoup d'endroits à Paris qui perpétuent des traditions vieilles de plusieurs siècles. L'ancienne cour des miracles, par exemple, devenue le quartier des Halles, n'est pas toujours très bien fréquentée.

Van Gogh de Pialat scène 1

Tuesday, August 5, 2025

Vincent (Jacques Dutronc) et Marguerite Gachet (Alexandra London) au bord de l'eau - Huile sur panneau entoilé, 23 cm x 40 cm

J'ai peint cette scène l'année dernière et l'ai reprise cette semaine.
Il y a un an, je me mettais sérieusement à peindre à l'huile, et, comme la majorité des peintres qui débutent, évidemment, je voulais faire du Claude Monet. C'est fou la fascination des peintres débutants pour les impressionnistes en général et Monet en particulier. Fascination que je partage avec David Hockney jeune, qui a dit, lui aussi, au début de ses études au Royal College qu'il voulait peindre comme Monet, et ma voisine de palier fraîchement à la retraite qui veut, elle aussi, peindre comme Monet.
Au passage, un an plus tard, j'ai compris combien les impressionnistes sont devenus actuellement le summum du kitsch en matière de goût artistique. Un article du pourtant très conservateur Figaro commençait sur ce poncif il y a quelques mois tout en vantant quelques lignes plus loin une exposition impressionniste à Giverny (bravo au journaliste au passage pour cette pirouette stylistique, je n'ai pas réussi à retrouver l'article, dommage).
Donc, il y a un an, je cherchais des sujets fin dix-neuvième pour les peindre à l'huile comme si j'étais revenu au temps de Manet et Caillebotte. ça tombait bien, c'était très à la mode, nous étions en 2024 et la France fêtait en grande pompe les cent cinquante ans de la naissance du mouvement. C'est alors que j'ai repensé au film de Pialat sur Van Gogh.
J'ai réussi à trouver en ligne une mauvaise version gratuite et j'ai fait beaucoup de copie d'écran. Les copies sont de très mauvaise qualité, très floues, mais, ça tombe bien, pour faire du Monet, du Pissarro ou du Renoir, c'est parfait !
Au passage, j'ai compris le sens du film.
Maurice Pialat voulait être peintre et est devenu cinéaste par défaut. Dans ce film, il s'est fait plaisir et chaque scène est en fait un tableau impressionniste. C'est une mine d'or pour qui chercherait des sujets pour peindre comme Monet. Comme Lautrec aussi avec les scènes à Montmartre.
L'histoire en elle-même n'a pas une grande importance sauf peut-être la fin dramatique du film. Au demeurant, bien que le film nous montre une franche amitié entre Vincent et le docteur Gachet et une idylle entre Marguerite Gachet et le peintre, j'ai lu plusieurs fois que Vincent et le docteur n'étaient pas en très bons termes. Le froid entre les deux hommes débuta justement quand le docteur apprit que Vincent avait peint Marguerite jouant du piano. Il interdit à l'un et l'autre tout nouveau contact et ferma la porte de sa maison à Vincent. Seule la porte du cabinet médical lui resta ouverte.
La scène que j'ai peinte, donc, d'un Vincent batifolant au bord de l'eau avec une Marguerite Gachet le rouge aux joues, n'a donc vraisemblablement jamais existé.

Parc du Château de Rambouillet

Thursday, October 10, 2024

Huile sur panneau entoilé. 30 cm x 60 cm.

Après la magnifique journée de Samedi 5 octobre où j'ai peint le jardin du Luxembourg en plein air, la météo a été désastreuse. Nous avons essuyé les restes de la tempête tropicale Kirk. Le temps était doux pourtant Dimanche et j'ai pensé peindre en plein air à l'abri de la pluie. Cependant, les jours suivants, il y avait beaucoup de vent et le véritable ennemi du peintre plein air, ce n'est pas la pluie, mais le vent.
Donc j'ai peint en atelier. C'est bien d'alterner les deux. Je préfère peindre plein air car je peux sortir une toile d'un format respectable en une journée. En plein air on est à fond sur le travail et motivé pour quitter le site avec une oeuvre finie. En atelier, c'est plus dur. En pelin air, le temps se contracte, en atelier, il se dilate.
J'avais commencé ce travail il y a plusieurs semaine. Peindre devant le grand écran de la télé. On a presque l'impression d'être en plein air. Sur le sofa, revêtu d'une grande bâche, c'est plus confortable.
Cependant, justement, j'aime le côté physique de la peinture plein air qui en fait une activité complète. On se dépense à aller sur site avec tout le matériel et à piétiner, debout, devant la toile pendant des heures.

J'ai mis le documentaire de France TV, "Les Trésors des plus Beaux Jardins Français", sur pause, à 32 minutes et 4 secondes, et j'ai peint.
Le premier travail m'avait pris des heures il y a plusieurs semaines. Là, j'ai fini la toile en deux courtes séances de quelques heures. J'ai fait des progrès.
J'avais choisi cette image pour la lumière, le côté ensoleillé du paysage, et aussi, parce que la vidéo avait mis le focus sur le premier plan qui est très net alors que les plans plus profonds sont complètement flous.
ça m'obligeait à travailler le flou. J'ai un mal de chien à m'abstenir de peindre les détail. Là, j'étais tranquille, sur la majorité de l'image, floue, il n'y en avait plus.
Peindre le flou demande d'utiliser des teintes très proches, de bien lisser la peinture avec la brosse. La peinture se matifie d'elle même et on obtient le rendu des impressionnistes.
Au premeir plan, j'ai à peine esquissé le pont de pierre avec de la peinture très diluée à la thérébentine. Quelques coups de pinceaux très enlevés, bien visibles. J'aime bien laisser un côté esquisse sur la toile alors que les autres parties sont bien fignolées. Même si le travail est réaliste, il faut laisser quelqques coups de pinceaux bien visibles sans quoi on est dans l'imitation de la photo et plus dans la peinture. Tout l'art consiste à savoir où et comment on laisse ces grands coups de pinceaux pour que ça reste hardi et élégant à la fois.
Je regarde le tableau posé sur le meuble télé aujourd'hui et j'y vois l'influence de Berthe Morisot. Les couleurs, la clarté, et je m'aperçois que ce pont à peine esquissé c'est à l'influence de Berthe Morisot que je le dois. C'est drôle de constater à quel point, que, quand on peint, on est plongé dans un état second, et les idées, les décisions, prises en pleine action, trouvent leurs justifications après coup, quand on est "redescendu" et qu'on se met à se détacher de la toile, à la contempler.

Rue Louis Rolland Montrouge

Friday, August 23, 2024

Plusieurs séances sur le motif cet été pour cette huile de 30 cm sur 60 cm sur panneau entoilé.

Lucie TGV

Portrait de Lucie étudiante en cinéma réalisé sur le motif dans le TGV Arles Paris. Pastels koh i noor Gioconda sur carnet A3.

Arles, espace Van Gogh

Wednesday, August 14, 2024

Une huile sur toile de 30 cm x 40 cm réalisée d'après une photo prise à l'espace Van Gogh avec la belle lumière de fin d'après midi.

Les peupliers de la fenêtre Est

Friday, August 2, 2024

Là, c'est depuis la fenêtre Est du séjour.
Le paysagiste de la résidence a eu la magnifique idée de planter trois peupliers les uns à côté des autres comme dans un tableau de Monet. Et puis, quand il fait beau, sur le coup des treize heures, on a ce magnifique effet de lumière avec un contraste entre l'ombre et la lumière qui sublime le beau temps.
Le jour où j'ai surpris ça, j'ai vite attrapé un papier pour peinture à l'huile Clairefontaine et j'ai fait une mini esquisse. Je crois que c'est là que j'ai commencé à m'intéresser à la peinture sur le motif à l'huile.

J'ai fini une palette que je voulais nettoyer en raclant bien avec la brosse et le pinceau pour raviver la peinture séchée. Avec cette peinture altérée et le support papier Clairefontaine spécial huile ça a donné cet effet étrange où les coups de pinceaux sont bien visible et fous comme dans les peintures expressionnistes. C'était début juin 2024. Il restait quelques coups de pinceaux pour finir la toile que j'ai donnés aujourd'hui.

Huile sur papier tendu sur cadre 35 cm x 40 cm.

Pochade du matin

Thursday, August 1, 2024

Ce matin, belle lumière solaire latérale venant de la droite. J'aggripe mon téléphone et essaie de saisir ça. Déception, ni les lumières, ni les couleurs n'y étaient, même avec l'option pro et de mutliples essais et règlagles. Du coup j'ai attrapé une toile et la palette. J'ai peint de 10 heures à midi. Je retrouve en partie l'émotion face au paysage.
Huile sur panneau entoilé, 30 cm x 30 cm.
Ils ont bien élagué le marronnier, il a perdu les trois quarts de son feuillage, on voit la maison d'en face qu'on ne voyait pas l'année dernière. 1er août, et déjà, les couleurs d'automne sur certains arbres. Un charme supplémentaire à ce paysage d'été.

Soleil cru

Wednesday, July 31, 2024

Depuis la fenêtre nord du séjour. Peint en août 2023.
Je me suis remis à l'huile en 2023 grâce à la vue sur les jardins depuis mes fenêtres. En 2023 la France a connu de grandes chaleurs, beaucoup de soleil, et ce, depuis juin 2023. Beaucoup de sécheresse et d'incendies aussi. Tout le contraire de 2024 ou il fait gris pratiquement tout le temps où il a beaucoup plu et où la France a été à moitié innondée.
Bref, tout ce soleil sur les arbres en 2023, je voulais le saisir sur une toile. J'ai beaucoup travaillé sur celle-ci.
Huile sur panneau entoilé. 30 cm x 40 cm.

Depuis ma fenêtre nord l'été 2023

Je me suis remis à peindre à l'huile l'année dernière. J'étais fasciné par les jardins que je voyais depuis mes fenêtres.
Après quelques aquarelles, j'ai eu envie de me remettre à l'huile. Voilà la première toile. Huile sur toile 30 cm x 40 cm.

Oliveraies de Lesbos

Monday, July 29, 2024

Depuis les oliveraies de Lesbos, l'île de Chios se profile à l'horizon. D'après une photo de IG : @caterinou Huile sur panneau entoilé, 30 cm x 30 cm.

un coin de rue à Montrouge, un dimanche

Sunday, July 28, 2024

Ce dimanche, j'ai profité du temps doux mais pas trop chaud et des apparitions du soleil pour dessiner un coin de ma rue.
Pastels Koh-i-noor Gioconda sur carnet 25 cm x 40 cm.

Champ de blé à Bédarrides

Friday, July 26, 2024

Bédarrides est une commune du Vaucluse à 12 km au sud d'Avignon et proche aussi de Sorgues.
Huile sur toile 20 cm x 30 cm

Vue sur le Rhône au nord d'Arles

Wednesday, July 24, 2024

Une vue sur le Rhône au nord d'Arles.
Je ne sais pas ce que sont ces montagnes à l'ouest d'Arles derrière le Rhône. Début des Alpilles ? Cévennes ?
Huile sur panneau entoilé 20 cm x 30 cm